Presentation

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Les processus récents de rénovation urbaine s’inscrivent dans des logiques d’internationalisation accompagnant de très fortes mutations urbaines et socio-économiques. On considère ici la rénovation urbaine dans une acception large. Elle renvoie certes majoritairement à des opérations publiques de démolition/reconstruction pilotées par des agences (ANRU en France)  mais aussi à des interventions qui conservent le bâti dans un souci patrimonial tout en entraînant des changements résidentiels et de fortes vulnérabilités. Nous pouvons à ce stade distinguer deux appareils argumentaires et opérationnels distincts. On peut ainsi identifier une première vague de rénovation d’envergure (autour des années 70) qui avance, en Europe, un objectif de résorption de l’habitat insalubre, dégradé ou taudifié (H. Coing, 1966). Elle  se justifie au nom de l’intérêt général et de la modernité. La seconde vague, qui prend corps surtout à partir de la fin des années 90 associe toujours la rénovation urbaine à un objectif de modernisation, souvent couplé à un renouvellement des populations ou à un référentiel de mixité sociale (C. Lelévrier, 2010). Elle s’accompagne volontiers de « mégaprojets » (U. Lehrer, 2008) dans la plupart des villes portées par un objectif de compétitivité internationale où s’investissent des capitaux en partie exogènes ou transnationaux. Dans la plupart des métropoles se désignant comme des villes internationales, l’habitat précaire périphérique et ou l’habitat central dégradé constituent une cible privilégiée pour la rénovation urbaine ou les opérations d’éviction en particulier les bidonvilles ou les quartiers en situation centrale et péricentrale (J.F Pérouse, 2007). Aux contours de ces opérations, de nouveaux modes opératoires apparaissent à travers la diversification des investissements disponibles (S. Benjamin, 2011).

La rénovation urbaine provoque le plus souvent des revendications citoyennes, identitaires, basées sur la peur de la perte matérielle et mémorielle, sur l’incertitude résidentielle. Ces changements brutaux mettent en crise les recours aux réseaux sociaux, les  solidarités locales et les représentations du vivre ensemble. Aussi, dans une perspective complémentaire, il s’agira d’appréhender les processus de production de projets ou les politiques publiques dans leurs modalités opératoires, en observant les formes de légitimation publique d’opérations le plus souvent redoutées ou impopulaires (F. Navez-Bouchanine, I. Berry-Chikhaoui, 2005). Le renouveau des formes de mobilisations sociales dans le sillage de ces rénovations urbaines réinterroge ainsi la question des mouvements sociaux autour de  la double question de l’ancrage et de l’éviction (Y. Cabannes et alii, 2010). De même, l’identification des modalités selon lesquelles les gouvernements locaux et les sociétés civiles s’emparent de ces processus conduit à questionner la démocratisation de l’aménagement, du projet urbain, et la gestion politique et locale des vulnérabilités sociales. Le renouvellement des exigences citoyennes draine, autour des variations de la rénovation urbaine, des collectifs de citadins et des associations (A. Deboulet, 2010) dont il faut cerner les contours et également les proximités croissantes avec les professionnels de l’urbain.

Les recherches récentes semblent montrer la modification des formes de mobilisation et la montée en régime de nouvelles formes de médiation. Ces dernières permettent de voir émerger des demandes d’alternatives, des visions du futur qui mettent au défi les logiques financières de transformation de la ville (N. Brenner, 2010). Dans ce contexte, des métropoles voient émerger de nouvelles formes d’action publique et de mobilisation, voire de contre-projets ou de projets participatifs ou coopératifs qui sont tant le fait de professionnels – urbanistes, architectes notamment – que de chercheurs et de résidents.

Ce colloque se propose donc d’appréhender les relations complexes et changeantes des modèles d’intervention publique et des normes sociales locales (G. Pinson, 2010; P. Watt, 2009) pour comprendre la persistance et les modalités des rénovations urbaines et leur diverses résonances sur les tissus sociaux, économiques et urbains des métropoles.

– Quelles sont ainsi les convergences entre les formes historiques de la rénovation et ses modalités actuelles, dans des contextes sociétaux et urbains pourtant très contrastés ?

– Les développements récents des métropoles mondiales dans les pays émergents et/ou en développement amènent-ils à reconsidérer l’ampleur et la nature des grammaires de motivation des acteurs engagées pour, contre ou dans la réforme de la rénovation urbaine ?

– Sachant que l’accélération du recours à la rénovation urbaine s’inscrit dans un processus de métropolisation et de privatisation, comment appréhender les tensions ainsi engendrées et les réponses publiques et civiques à ces incertitudes ?

– Les engagements et les formes de médiation qui permettent de penser ces futurs proches à partir de pratiques existantes sont donc au centre de ce colloque. Comment analyser l’émergence de nouvelles pratiques amenant professionnels et citadins à inventer d’autres façons de produire de la ville ?

Recent processes of urban renewal are inscribed within contemporary logics of internationalization and influenced by major urban and socio-economic changes. By “urban renewal,” we are pointing to the myriad of public land redevelopment projects that involve building demolition and reconstruction, but also interventions designed to preserve the built heritage and involving dwellers’ eviction. In France, these projects have become common since the establishment of ANRU policies (National Agency for Urban Renewal). It is possible to distinguish between two sets of arguments and operational approaches to urban renewal. The first refers to the massive wave of urban redevelopment conducted in/around the 1970s, which aimed to eradicate insalubrious housing and slums (H. Coing, 1966)., This type of intervention was generally justified in the name of the “common good” and “modernization”. The second wave of urban renewal, mostly conducted as of the late 1990s, maintains the paradigm of modernization. It often involves a process of population change and makes references to social mixity (C. Lelévrier, 2010). Its main mode of operation are so-called “megaprojects” (U. Lehrer, 2008) in cities aiming to compete internationally and attract large scale, potentially transnational capital. In most global cities, precarious housing and deteriorated housing are priority targets for urban redevelopment or slums removal schemes in central or peri-central areas (JF Pérouse, 2007). Within the scope of these operations, new operating modes emerge through the diversification of available investments (S. Benjamin, 2011). 

Urban renewal projects often induce new forms of social and identity claims that are triggered by the fear of material and cultural loss as well as housing uncertainty.  The brutal changes they engender indeed threaten the base of social networks, local solidarities and communal/social representations of living together. It will therefore be important to complement the direct observation of urban renewal projects with the forms in which such projects are legitimized, especially when they are unpopular (F. Navez-Bouchanine, I. Berry-Chikhaoui, 2005). The renewal of forms of social mobilization that hence respond to urban renewal projects re-instigates the question of social movements in relation to the bivalent issue: enrooting versus eviction (Y. Cabannes et al, 2010). It also triggers the need for identifying the modalities according to which local governments and civil society groups challenge a democratic approach to urban planning, to urban projects, and to the local political management of social vulnerabilities. Such renewal of citizen claims also engenders the necessity to define the contours of social groups, communities and associations and their interaction between each others as well with the professionals of the city (A. Deboulet, 2010).     

Recent research findings indicate changes in the forms of mobilization as well as the development of new forms of mediation. It also reports the emergence of new types of claims that require alternatives to the current mode of doing, new perspectives and counterprojects  which challenge the present logics of urban renewal. In this context, cities witness the emergence of new forms of public action and mobilization, counter-projects, or collaborative participatory projects, which bring together professionals such as town and country planners and architects, as well as researchers and residents.    

This conference aims to investigate the complex and changing models of public intervention, given historically and geographically situated contexts where the definition of an “acceptable” norm or form of public interventions is changing (G.Pinson, 2010, P. Watt 2009). It seeks to understand the continuities and changes in the models of urban renewal and the impacts these projects trigger on the social and economic fabric of urban agglomerations.   

– What is new about contemporary urban renewal projects and where are the continuities with previous models of urban interventions?    

– Do recent developments in the global cities of the South usher the necessity to reconsider the grammar structuring the motivations of actors involved in urban renewal, whether they endorse or resist them?    

– Knowing that urban renewal projects are often inscribed in ongoing processes of globalization and privatization, how do we investigate the ensuing tensions and the public and civic responses to those uncertainties?

 – How do we envision new practices that can bring together city dwellers and the professionals of the city in formulation new ways of producing the city?

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